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| Patrick Colas des Francs, Directeur général du Coges et du salon Eurosatory 2012. |
Eurosatory est un rendez-vous biennal qui bénéficie d'une véritable référence au plan mondial. Quels sont les objectifs que vous êtes fixés pour mener à bien cette édition 2012 ?
Comme pour chaque édition du salon Eurosatory, nous avons fixé un certain nombre d'objectifs, qu'il nous tient à cœur de réaliser. Le premier est de conserver notre identité de leader mondial de la Défense Terrestre, dans un domaine où la crise paraît moins prégnante qu'ailleurs. Nous connaissons bien le domaine et nous nous attachons à faire participer au salon les nouveaux acteurs industriels qui naissent, en particulier dans les pays émergents. Le développement très fort depuis quelques années d'un continuum technologique entre la Défense et la Sécurité, nous a amené à ouvrir de plus en plus le salon aux technologies duales, utilisées dans les deux domaines. Vous verrez donc cette année un secteur Sécurité en fort développement sur le salon. Un des facteurs clé du succès d'Eurosatory repose sur son rôle d'accélérateur de business. Nous mettons tout en œuvre pour que nos exposants et nos visiteurs puissent rencontrer les bons interlocuteurs de manière préparée et planifiée, avec un maximum d'efficacité. D'où nos rendez-vous d'affaires, nos conseillers en stratégie commerciale, notre système de mise en relation visiteurs-exposants, etc.
Depuis ces dernières années, l'exposition est en croissance continue et attire toujours plus de visiteurs et de délégations officielles. Quelle est la clé de ce succès ?
Si un organisateur de salon vend des mètres carrés à ses exposants, ceux-ci achètent en fait des contacts; le développement du visitorat est donc la clé de la réussite. Les visiteurs viennent sur un salon comme Eurosatory parce que tous les industriels qui comptent dans le domaine sont présents. De même les exposants sont attirés par le nombre et la qualité du visitorat. C'est donc un cercle vertueux qu'il faut développer et accroître en restant à l'écoute des évolutions du secteur et en développant toujours plus de services sur le salon. Notre taux de fidélisation important de 70% chez les exposants et de 50% chez les visiteurs confirme aujourd'hui que les participants au salon y trouvent leur compte. Les informations du salon sont par ailleurs relayées en amont et à l'international grâce à nos soixante partenaires médias et notre réseau d'agents Eurosatory dans le monde. Nos équipes se déplacent sur tous les salons internationaux du domaine afin de présenter, promouvoir et valoriser Eurosatory.
La manifestation couvre traditionnellement l'ensemble des domaines terrestres et aéroterrestres. Est-ce que ces deux thématiques seront encore cette année riches en nouveautés ?
Le fait de disposer de deux zones d'exposition, sous hall et en plein air, les démonstrations dynamiques, l'offre de stands très variés, fait d'Eurosatory un salon où les matériels sont réellement présents, sans commune mesure avec les autres manifestations. En 2010, plus de 350 nouveautés ont été présentées pendant le salon et nous espérons bien que le salon 2012 soit encore l'événement retenu par les exposants pour dévoiler leurs nouveaux produits ou les évolutions de leurs produits existants.
L'édition 2012 fera-t-elle une place de choix aux enjeux liés à la cybersécurité et aux problématiques globales des opérations interarmées numérisées ?
La numérisation est présente aujourd'hui dans tous les systèmes d'armes et de sécurité, que ce soit des véhicules, des systèmes combattants, du C4ISR, etc…La sécurité numérique entre en force cette année avec une conférence dédiée à la Cyber Défense et à la Cyber Sécurité. La numérisation des systèmes a aussi permis depuis des années un formidable développement de la simulation, que ce soit pour l'instruction, pour l'entraînement, pour la préparation de mission, pour l'évaluation des forces et la préparation des systèmes futurs. La simulation sera en plein essor cette année sur le salon avec une zone dédiée et trois jours de conférence organisées par le groupe ADIS, réunissant les experts simulation des armées, des services d'achat et de l'industrie.
Le salon est un lieu qui fait converger également les secteurs de la sécurité et du Homeland Security. Est-ce à dire que Eurosatory pourrait un jour se mutualiser avec un salon comme Milipol Paris ?
Si les processus de réalisation des équipements de défense suivent des cycles très longs, le "temps" des besoins en équipement de Sécurité est un temps court. Il existe plus de 70 salons dans le monde traitant de sécurité. Que Paris offre chaque année un grand événement Sécurité mondial par des leaders difficiles à contester dans le domaine, a une réelle signification. Paris devient ainsi le lieu où se concentre l'expertise du domaine. Eurosatory et Milipol se valorisent donc mutuellement, chacun avec son style et ses spécificités. Cette offre annuelle renforce la place de la France et permet de répondre à temps aux attentes du secteur sécurité qui évolue très rapidement. Eurosartory et Milipol sont des salons complémentaires.
Eurosatory accueille des exposants toujours plus nombreux en provenance des pays dits émergents. Que signifie pour vous cette tendance qui est observée également sur d'autres manifestations internationales ?
La tendance observée en ce qui concerne la montée des pays émergents lors des manifestations internationales est réelle. En effet, grâce à ces nouveaux pays, ce sont de nouvelles compétences et de nouvelles technologies qui sont proposées. Les frontières s'ouvrent et de nouveaux pays se développent, conséquence positive de la mondialisation. La demande est en outre, toujours plus exigeante. De nouveaux produits innovants provenant des pays émergents constituent aussi une opportunité pour le marché de la Défense et de la Sécurité. Comme l'offre, la demande se mondialise et chacun doit s'adapter. Le salon s'efforce de rassembler la totalité de l'offre du secteur et d'attirer tout le potentiel demandeur.
Au chapitre de la consolidation du secteur de l'armement, quels sont, de votre point de vue, les plus gros défis que devront faire face les industriels européens et français ?
Comme nous venons de le voir, la mondialisation amène de nouveaux acteurs dans le domaine Défense et Sécurité. Pour maintenir son rang en tant qu'exportatrice, l'industrie française doit conserver et amplifier la qualité se son offre. Le salon participe à la mise en valeur de notre industrie nationale.
Sur la question des équipements, pensez-vous que des programmes comme Felin ou Scorpion seront rapidement des références en matière de relais de croissance pour les grands maîtres d'oeuvre et équipementiers ?
Contrairement à d'autres pays qui se sont spécialisés dans des niches en abandonnant certaines capacités, l'industrie française de défense et de sécurité n'a rien lâché et reste compétente dans tous les domaines technologiques. Cela permet à nos industriels de conserver une capacité de développement de systèmes de systèmes complets, permettant d'équiper des forces dans leur ensemble. Ce n'est pas un hasard si FELIN est le premier système combattant utilisé en opérations avec toutes ses composantes actives : protection, agression, communication, commandement, renseignement, vision, etc…Il en va de même de SCORPION dont le but est de réaliser de manière globale le système d'armes d'un groupement tactique interarmes (Battle Group) dans toutes ses composantes. La France est un des rares pays capable de concevoir, de fabriquer et de mettre en œuvre un tel système de systèmes. Les experts du domaine ne s'y trompent pas comme en témoigne le rang de la France parmi les pays européens exportateurs dans ce domaine.
Propos recueillis par Philippe Nôtre

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